Tomate
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- Production : monde et Égypte
- Types et systèmes de culture
- Exigences du marché
- Exigences de développement
- Sol et irrigation
- Ce qui détermine le rendement et la qualité
- Demande en éléments nutritifs
- Macroéléments
- Oligoéléments
- Fertilisation par stade de développement
- Fisiopathies
- Maladies fongiques
- Maladies bactériennes
- Maladies virales
- Ravageurs
- Nématodes à galles
- Prévention et lutte intégrée
- Questions fréquentes des producteurs
- Glossaire et unités
Atlas des cultures · Légumes
Une référence de terrain complète pour la tomate, qui couvre tout le cycle, de la plantation à la récolte. Elle présente les exigences de développement et de sol, la demande en éléments stade par stade, les fisiopathies qui coûtent de la qualité, et les maladies, ravageurs et nématodes qui coûtent du rendement, chacun avec symptômes, contrôle, traitement et prévention.
Idées clés
- La tomate est une culture très exigeante, à cycle long, dont la demande en éléments change fortement d’un stade à l’autre. Un programme unique appliqué toute la saison laisse du rendement de côté.
- Le potassium devient l’élément dominant dès que la charge en fruits est installée, et dépasse souvent la demande en azote de 1,3 à 1,5 fois en poids.
- La nécrose apicale est un problème d’acheminement du calcium, et non le plus souvent un problème de calcium dans le sol. Un arrosage irrégulier et une salinité élevée en sont les déclencheurs courants.
- Sur les sols calcaires à pH élevé, typiques du delta du Nil et des terres récemment récupérées, c’est la disponibilité des oligoéléments, et non leur quantité, qui limite souvent la culture.
- Pour toutes les maladies et tous les ravageurs de ce guide, prévenir coûte moins cher que guérir. Un plant certifié, la rotation, le goutte-à-goutte et la densité font l’essentiel du travail.
Production : monde et Égypte
La tomate (Solanum lycopersicum) est l’une des cultures légumières les plus répandues au monde, présente dans presque toutes les zones climatiques, de la culture de plein champ en régions tempérées aux systèmes de serre intensifs en zones arides et subtropicales.
La production mondiale de tomate dépasse 180 millions de tonnes par an, sur plus de 5 millions d’hectares. La Chine, l’Inde, la Turquie, les États-Unis et l’Égypte figurent régulièrement parmi les plus grands producteurs et représentent ensemble bien plus de la moitié de la production mondiale.
L’Égypte est l’un des premiers producteurs mondiaux de tomate et le premier au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, avec une production répartie entre le delta du Nil, la Haute-Égypte et les terres désertiques récemment récupérées sous irrigation moderne. La demande croissante en produits transformés, combinée aux débouchés à l’export vers l’Europe et le Golfe, continue de soutenir l’investissement dans de meilleures variétés, la culture protégée et les programmes de nutrition et de protection.
Les rendements moyens varient énormément selon le système. Le plein champ pluvial donne 20 à 40 t/ha, le plein champ moderne au goutte-à-goutte atteint 60 à 90 t/ha, et les serres de haute technologie ou l’hydroponie peuvent dépasser 300 à 500 t/ha avec une nutrition et un climat maîtrisés.
Types et systèmes de culture
Port de la plante
- Déterminé : les variétés atteignent une hauteur fixe, fleurissent et nouent sur une courte période, ce qui convient à la récolte mécanique et à l’industrie.
- Indéterminé : les variétés poursuivent leur croissance végétative et leur fructification tout au long de la saison, ce qui est typique de la production fraîche palissée et sous serre, avec des récoltes répétées.
Types de marché
- Marché frais : types ronds ou charnus, en grappe, cerise, allongés et anciens, sélectionnés pour l’aspect, la fermeté et la conservation.
- Industrie : variétés riches en matière sèche, à parois épaisses et maturation groupée, sélectionnées pour le rendement en concentré et en sauce.
Systèmes de production
- Plein champ : pluvial, à la raie ou au goutte-à-goutte. Coût d’intrants plus faible, exposition plus forte au climat et à la pression des ravageurs.
- Culture protégée : filets et tunnels plastiques, qui offrent un tampon climatique modéré et une exclusion des ravageurs.
- Serre et hydroponie : maîtrise complète du climat et de la fertirrigation, le plus haut potentiel de rendement et de régularité, et l’investissement le plus élevé.
Multiplication
La plupart des cultures commerciales partent de plants de pépinière de 30 à 35 jours plutôt que d’un semis direct, ce qui assure une levée uniforme et réduit l’exposition aux maladies en début de cycle. Le greffage sur porte-greffe vigoureux et résistant est de plus en plus utilisé sur sols à forte pression, par exemple en présence de flétrissement bactérien ou de nématodes.
Exigences du marché
Qualité pour le marché frais
- Calibre et forme uniformes, avec un classement généralement par diamètre, par exemple 47 à 57 mm, 57 à 67 mm, 67 mm et plus.
- Chair ferme, capable de supporter la manipulation et le transport sans meurtrissure.
- Coloration rouge ou rose homogène, sans épaules vertes ni maturation irrégulière.
- Peau lisse, sans éclatement, déformation apicale ni coup de soleil.
- Brix (teneur en sucre) de 4 à 6 degrés pour les types de salade, plus élevé pour les cerises et les types de spécialité.
Qualité pour l’industrie
- Extrait sec élevé, 5 à 6 degrés Brix ou plus, pour maximiser le rendement en concentré.
- Couleur rouge profonde et maturation uniforme sur tout le fruit.
- Péricarpe épais et viscosité élevée pour la consistance de la sauce.
- Faible charge microbienne et faible comptage de moisissures à la livraison.
- pH inférieur à 4,4 pour une transformation sûre et une bonne stabilité.
Normes à l’export
Les marchés d’exportation de l’Union européenne et du Golfe ajoutent des exigences sur les limites maximales de résidus (LMR), la traçabilité et la chaîne du froid, ce qui rend indispensables des produits de protection homologués et des registres de traitements documentés.
Exigences de développement
Température
La tomate est une culture de saison chaude. La croissance optimale se situe entre 21 et 27 °C le jour et 15 à 18 °C la nuit. La nouaison est perturbée en dessous de 12 °C et au-dessus de 32 °C, et la viabilité du pollen chute fortement au-delà de 35 °C en continu. Des températures nocturnes supérieures à 24 °C favorisent la croissance végétative au détriment de la nouaison.
Lumière
Une exposition en plein soleil est nécessaire à une forte croissance végétative et au développement des fruits. L’ombrage réduit le rendement et retarde la maturation. En serre, un éclairage d’appoint peut être utilisé aux saisons peu lumineuses.
Stades de développement
| Stade | Durée |
|---|---|
| Pépinière et plantation | 25 à 35 jours |
| Installation végétative | 2 à 3 semaines après plantation |
| Floraison et nouaison | Débute 4 à 6 semaines après plantation |
| Développement et maturation des fruits | 6 à 9 semaines à partir de la première nouaison, selon la variété et la saison |
| Fenêtre de récolte | Une seule récolte pour l’industrie et les types déterminés, ou des récoltes répétées sur 8 à 12 semaines pour les types indéterminés |
Pollinisation
Les fleurs de tomate sont autogames, mais la nouaison profite d’une circulation d’air ou d’une pollinisation mécanique et par les bourdons en serre fermée.
Sol et irrigation
Exigences de sol
- Les sols limoneux profonds et bien drainés sont idéaux. Les sols argileux lourds augmentent le risque de maladies racinaires et de flétrissement.
- Le pH optimal du sol est de 6,0 à 6,8, avec une tolérance de 5,5 à 7,5.
- Une bonne structure et une matière organique suffisante soutiennent l’enracinement et la disponibilité des éléments.
- Évitez les parcelles ayant porté récemment des solanacées, afin de limiter le report des maladies telluriques.
Densité de plantation
L’espacement dépend de la variété et du système : 30 à 50 cm sur le rang et 90 à 150 cm entre rangs pour les types palissés et indéterminés, et un espacement plus serré de 25 à 40 cm pour les types déterminés d’industrie récoltés mécaniquement.
Irrigation
- Le goutte-à-goutte est nettement préférable. Il apporte l’eau et les éléments avec précision tout en gardant le feuillage sec, ce qui réduit la pression des maladies.
- Le besoin en eau est d’environ 400 à 600 mm par saison, selon le climat et le système.
- Les périodes critiques pour une alimentation en eau régulière sont la floraison, la nouaison et le grossissement des fruits.
- Évitez d’alterner sécheresse et excès d’eau, première cause de nécrose apicale et d’éclatement des fruits.
Palissage et taille
Palisser, tuteurer ou encager les variétés indéterminées améliore la circulation d’air, la pénétration de la lumière, la qualité des fruits et la couverture des traitements, et réduit nettement la pression des maladies foliaires.
Ce qui détermine le rendement et la qualité
Facteurs génétiques
- Le choix variétal, déterminé ou indéterminé, et le paquet de résistances aux maladies.
- Les gènes de résistance aux maladies et aux nématodes, par exemple les cotations Fusarium « F », nématodes « N » et TYLCV « Ty ».
Facteurs environnementaux
- Les extrêmes de température pendant la floraison et la nouaison.
- L’intensité lumineuse et la durée du jour.
- La disponibilité et la régularité de l’eau.
Facteurs de conduite
- Un programme de fertilisation équilibré et calé sur les stades.
- Une lutte à temps contre les ravageurs et les maladies, car prévenir revient moins cher que guérir.
- Une densité, une taille et un palissage corrects.
- La gestion de la pollinisation en structures fermées.
- Le moment de la récolte et la manipulation après récolte.
Santé du sol
Une biologie du sol saine, une matière organique suffisante et un bon drainage sont le socle de l’efficience d’absorption et réduisent l’incidence des maladies telluriques, donc la régularité du rendement et de la qualité saison après saison.
Demande en éléments nutritifs
La tomate est une culture très exigeante, à cycle long, dont la demande évolue nettement selon les stades. Une culture performante de 60 à 80 t/ha exporte environ :
| Élément | Exportation |
|---|---|
| Azote (N) | 180 à 250 kg/ha |
| Phosphore (P₂O₅) | 60 à 90 kg/ha |
| Potassium (K₂O) | 250 à 350 kg/ha |
| Calcium (CaO) | 100 à 150 kg/ha |
| Magnésium (MgO) | 30 à 50 kg/ha |
| Soufre (S) | 20 à 30 kg/ha |
L’absorption est faible en pépinière et au début de la phase végétative, s’élève fortement de la floraison au développement des fruits, et culmine pendant le remplissage. La demande en potassium en particulier augmente nettement dès que la charge en fruits est installée, et dépasse souvent la demande en azote de 1,3 à 1,5 fois en poids.
Les oligoéléments, bien que nécessaires en quantités bien plus faibles, sont souvent limitants dans les régions à pH élevé, calcaires ou sableuses, ce qui fait du suivi régulier et de la correction foliaire une partie importante du programme de nutrition.
Macroéléments
Azote (N)
L’azote pilote la croissance végétative, le développement de la surface foliaire et la formation de chlorophylle, et influence donc directement la capacité photosynthétique et la vitesse de croissance. C’est un composant central des acides aminés, des protéines et des enzymes.
Carence : feuilles âgées uniformément vert pâle à jaunes, tiges fines et croissance ralentie, floraison et nouaison réduites.
Excès : croissance végétative excessive, feuillage luxuriant au détriment de la floraison et de la fructification, tissus tendres plus sensibles aux maladies et aux ravageurs, maturation retardée et qualité des fruits dégradée.
Conduite : apportez l’azote progressivement, en augmentant de la plantation jusqu’au début de la nouaison, puis en modérant pendant le remplissage pour favoriser le fruit plutôt que la végétation. Le fractionnement par fertirrigation est plus efficace que des apports uniques importants.
Phosphore (P)
Le phosphore est essentiel à l’installation racinaire, au transfert d’énergie (ATP) et à l’initiation des fleurs et des fruits. La demande est maximale en début de cycle, pour soutenir un enracinement et une reprise vigoureux.
Carence : croissance ralentie, feuilles vert foncé à violacées, floraison retardée et enracinement médiocre.
Potassium (K)
Le potassium est l’élément dominant pendant le développement des fruits. Il régule le mouvement de l’eau, le transport des sucres vers le fruit, ainsi que la couleur et la fermeté. La demande augmente fortement dès que la charge en fruits est installée.
Carence : brûlure marginale (nécrose) sur les feuilles âgées, maturation irrégulière, coloration inégale et fruits mous, et sensibilité accrue aux fisiopathies.
Calcium (Ca)
Le calcium construit des parois et des membranes solides, et il est essentiel à la fermeté et à la conservation des fruits. Contrairement aux autres éléments, le calcium ne se déplace qu’avec le flux d’eau (transpiration) et ne se redistribue pas dans la plante, ce qui rend la régularité de l’arrosage déterminante.
Carence : nécrose apicale, le symptôme le plus courant sur tomate, tiges faibles et jeunes pousses déformées. Elle est souvent déclenchée par un arrosage irrégulier plutôt que par un sol pauvre en calcium.
Magnésium (Mg)
Le magnésium est l’élément central de la molécule de chlorophylle, donc directement nécessaire à la photosynthèse. La demande augmente pendant le remplissage, quand la plante maintient une forte activité photosynthétique.
Carence : jaunissement internervaire sur les feuilles âgées, les nervures restant vertes, et sénescence foliaire prématurée sous forte charge en fruits. Plus fréquente sur sols sableux, acides ou riches en potassium, par antagonisme K et Mg.
Soufre (S)
Le soufre est nécessaire à la synthèse des acides aminés et des protéines, et soutient la formation de chlorophylle et la résistance aux maladies. La carence se manifeste par un jaunissement général, proche de la carence azotée, mais qui débute en haut de la plante sur les jeunes feuilles.
Oligoéléments
Bien que nécessaires à l’échelle du milligramme, les oligoéléments sont souvent le facteur limitant en culture de tomate sur sols calcaires, à pH élevé ou sableux, fréquents dans de nombreuses régions de production, dont une grande partie du delta du Nil et des terres désertiques récemment récupérées.
BBore
Essentiel à la viabilité du pollen, à la rétention des fleurs et à la nouaison. La carence provoque une mauvaise nouaison, des fruits creux ou fendus et des pousses cassantes.
ZnZinc
Intervient dans l’activité enzymatique et la régulation hormonale. La carence donne des feuilles petites et étroites (petite feuille) et des entre-nœuds courts, plus fréquente sur sols à pH élevé.
FeFer
Nécessaire à la synthèse de la chlorophylle. La carence se traduit par un jaunissement internervaire des jeunes feuilles, nervures restant vertes, fréquent sur sols calcaires et à pH élevé.
MnManganèse
Soutient la photosynthèse et l’activation enzymatique. La carence provoque une chlorose internervaire avec de fines taches nécrotiques, proche de la carence en fer mais distinguable.
CuCuivre
Intervient dans les systèmes enzymatiques et la formation de lignine pour la solidité des tissus. La carence est rare mais peut provoquer flétrissement et jeunes pousses rabougries sur sols très sableux ou tourbeux.
MoMolybdène
Nécessaire au métabolisme de l’azote. La carence est rare mais peut ressembler à une carence azotée, avec de jeunes feuilles pâles et en cuillère, généralement sur sols acides.
Facteurs de risque courants
- Un pH élevé réduit la disponibilité du Fe, du Mn, du Zn et du Cu.
- Les sols calcaires déclenchent souvent la chlorose ferrique.
- Les sols sableux pauvres en matière organique sont souvent carencés en bore et en zinc.
- Un sol froid et humide en début de saison limite l’absorption racinaire des oligoéléments, quelle que soit la teneur du sol.
Approche de correction
Les analyses de sol et de feuilles doivent guider la correction. Les pulvérisations foliaires corrigent le plus vite une carence aiguë, tandis que les apports chélatés au sol et en fertirrigation assurent une fourniture plus durable sur la saison.
Fertilisation par stade de développement
- Pépinière et reprise après plantationFertilisation légère et équilibrée, avec un accent sur le phosphore pour favoriser l’enracinement. Évitez l’excès d’azote, qui produit des plants mous et filés.
- Croissance végétativeMontez l’azote progressivement, avec le potassium et le calcium, pour construire le feuillage tout en gardant une croissance compacte et productive, pas excessivement tendre.
- Floraison et nouaisonAugmentez la disponibilité en bore et en calcium pour soutenir la viabilité du pollen et la rétention des fleurs. Modérez l’azote pour éviter une concurrence végétative avec la floraison.
- Développement et remplissage des fruitsLe potassium devient le besoin dominant. Maintenez un apport régulier de calcium et de magnésium par fertirrigation pour soutenir la fermeté et prévenir la nécrose apicale et la chlorose foliaire sous forte charge.
- Maturation et récolteRéduisez encore l’azote. Maintenez le potassium pour soutenir la coloration, la teneur en sucre et la fermeté jusqu’à la récolte.
Fisiopathies
Contrairement aux maladies et aux ravageurs, les fisiopathies viennent de déséquilibres environnementaux ou nutritionnels et non de pathogènes, mais elles peuvent coûter tout autant en rendement et en qualité.
Nécrose apicale
Tache sombre, creusée et parcheminée à l’extrémité du fruit, due à une carence localisée en calcium dans le fruit, généralement déclenchée par un arrosage irrégulier ou une salinité élevée plutôt que par un sol pauvre en calcium.
Coup de soleil
Plages pâles et parcheminées sur les fruits exposés au soleil direct, souvent après une effeuillage ou une taille excessive.
Éclatement des fruits
Fentes radiales ou concentriques dues à une expansion rapide après une période sèche suivie d’un arrosage ou d’une pluie abondante. Plus fréquent sur les fruits exposés et à maturation rapide.
Déformation apicale
Déformation du fruit avec plissement et cicatrices près de l’extrémité florale, associée à des températures fraîches pendant la floraison ou à une dérive d’herbicide.
Maturation irrégulière et épaules jaunes
Maturation inégale et marbrée, souvent liée à une carence en potassium, à un manque de lumière ou à des températures élevées pendant la maturation.
Fruits creux
Remplissage incomplet avec des cavités internes, dû à une pollinisation ou une fécondation incomplète, souvent par temps frais et couvert ou très chaud.
Maladies fongiques
Alternariose Alternaria solani
- Taches sombres concentriques en cible sur les feuilles âgées du bas
- Jaunissement et chute prématurée des feuilles
- Lésions sombres et creusées sur tiges et fruits
- Rotation, en évitant les solanacées pendant 2 à 3 ans
- Espacement large pour la circulation d’air
- Retirer et détruire les débris infectés
- Fongicides de contact (chlorothalonil, mancozèbe)
- Fongicides systémiques (azoxystrobine, difénoconazole) aux premiers symptômes
- Renouveler selon l’intervalle de l’étiquette en période humide
- Utiliser des variétés résistantes ou tolérantes quand elles existent
- Goutte-à-goutte plutôt qu’aspersion, pour éviter l’humectation du feuillage
- Fertilisation azotée équilibrée, sans excès de végétation
Mildiou Phytophthora infestans
- Lésions d’aspect huileux, vert pâle à brun, sur les feuilles
- Feutrage blanc à la face inférieure des feuilles par temps humide
- Effondrement rapide du feuillage et pourriture brune ferme des fruits
- Éviter de planter près de parcelles de pomme de terre contaminées
- Améliorer le drainage et l’espacement
- Surveiller de près par temps frais et humide
- Traitements préventifs au mancozèbe ou à base de cuivre
- Fongicides systémiques curatifs (associations cymoxanil, métalaxyl)
- Retirer et détruire immédiatement les plantes atteintes
- Planter des plants certifiés indemnes
- Appliquer des programmes préventifs avant les épisodes humides annoncés
- Détruire les repousses de tomate et de pomme de terre entre deux saisons
Fusariose vasculaire Fusarium oxysporum f.sp. lycopersici
- Jaunissement qui débute d’un seul côté de la plante ou de la feuille
- Flétrissement qui ne se rétablit pas après arrosage
- Brunissement interne de la tige (tissu vasculaire)
- Solarisation du sol avant plantation
- Éviter les parcelles ayant un historique de flétrissement
- Désinfecter les outils entre plantes et entre parcelles
- Aucun traitement chimique curatif une fois le flétrissement installé
- Retirer et détruire les plantes atteintes pour limiter la propagation
- Apports biologiques au sol (Trichoderma spp.) pouvant ralentir la progression
- Utiliser des variétés résistantes, en cherchant la cotation « F » sur les étiquettes de semences
- Greffer sur porte-greffe résistant dans les zones à risque
- Rotations longues, 4 ans ou plus hors solanacées
Oïdium Leveillula taurica / Oidium spp.
- Feutrage blanc poudreux à la surface des feuilles
- Taches jaunes sur la face supérieure
- Enroulement des feuilles et sénescence précoce
- Améliorer la ventilation en serre et sous tunnel
- Éviter l’excès d’azote
- Observer régulièrement, surtout par temps sec et chaud
- Fongicides à base de soufre au stade précoce
- Fongicides systémiques (triazoles, strobilurines) sur infection installée
- Alterner les modes d’action pour éviter les résistances
- Choisir des variétés tolérantes quand elles existent
- Maintenir un espacement et une taille optimaux pour la circulation d’air
Pourriture grise Botrytis cinerea
- Moisissure grise duveteuse sur tiges, feuilles, fleurs et fruits
- Pourriture molle et aqueuse, surtout par temps frais et humide
- Abaisser l’humidité par la ventilation
- Retirer rapidement les fleurs fanées et les feuilles sénescentes
- Fongicides à base d’iprodione, de fenhexamide ou de boscalid
- Agents biologiques (produits à base de Bacillus et de Trichoderma)
- Éviter de blesser les plantes à la taille et à la récolte
- Maintenir une bonne hygiène au champ et en serre
Maladies bactériennes
Flétrissement bactérien Ralstonia solanacearum
- Flétrissement rapide de toute la plante sans jaunissement
- Tissu vasculaire brun et visqueux à la coupe de la tige
- Exsudat bactérien laiteux depuis une tige coupée plongée dans l’eau
- Éviter les sols engorgés et mal drainés
- Désinfecter les outils et le matériel d’irrigation
- Rotation hors cultures hôtes pendant plusieurs saisons
- Aucun traitement chimique efficace. Retirer immédiatement les plantes atteintes
- Un traitement du sol avec des bactéricides homologués peut limiter la propagation
- Utiliser des plants certifiés indemnes et des porte-greffes résistants
- Éviter de transporter sol et eau des parcelles contaminées vers les parcelles saines
Taches bactériennes Xanthomonas spp. / Pseudomonas syringae pv. tomato
- Petites taches sombres d’aspect huileux sur feuilles et fruits
- Les taches peuvent être entourées d’un halo jaune
- Défoliation dans les cas graves
- Utiliser semences et plants indemnes
- Éviter l’irrigation par aspersion et le travail dans des parcelles humides
- Bactéricides cupriques associés au mancozèbe
- Appliquer préventivement avant les périodes pluvieuses
- Pratiquer la rotation, en évitant de planter après un poivron ou une autre solanacée
- Désinfecter tuteurs, cages et matériel entre deux saisons
Maladies virales
Virus des feuilles jaunes en cuillère de la tomate (TYLCV)
Transmis par la mouche blanche (Bemisia tabaci)
- Enroulement vers le haut et jaunissement du bord des folioles
- Nanisme marqué, avec floraison et nouaison réduites
- Maîtriser tôt les populations de mouche blanche, le vecteur
- Utiliser des filets insect-proof en pépinière
- Installer des pièges chromatiques jaunes pour la surveillance
- Aucun traitement curatif pour les plantes atteintes. Les retirer et les détruire
- Maîtriser le vecteur pour stopper la propagation
- Planter des variétés résistantes ou tolérantes au TYLCV
- Éliminer les adventices hôtes et les repousses autour des parcelles
- Décaler la plantation pour éviter le pic d’activité de la mouche blanche quand c’est possible
Virus de la mosaïque du tabac (TMV)
À transmission mécanique et très stable
- Mosaïque vert clair et vert foncé sur les feuilles
- Déformation des feuilles et calibre des fruits réduit
- Désinfecter mains et outils entre les plantes, au savon ou à l’eau de Javel diluée
- Éviter l’usage de produits à base de tabac à proximité de la culture
- Aucun traitement chimique. Retirer et détruire les plantes atteintes
- Utiliser des semences certifiées indemnes de virus
- Appliquer une hygiène stricte au champ
Ravageurs
Mouches blanches Bemisia tabaci / Trialeurodes vaporariorum
- Petits insectes blancs à la face inférieure des feuilles
- Miellat collant et fumagine sur les feuilles
- Vecteur du TYLCV et d’autres virus
- Pièges chromatiques jaunes pour la surveillance et le piégeage massif
- Filets insect-proof sur les ouvrants de serre
- Favoriser les prédateurs naturels (Encarsia, coccinelles)
- Savon insecticide ou huile de neem pour les infestations légères
- Insecticides systémiques (néonicotinoïdes, spiromésifène) sous forte pression
- Alterner les familles d’insecticides pour prévenir les résistances
- Éliminer les adventices et les résidus qui hébergent la mouche blanche
- Inspecter les plants avant de les installer dans une parcelle saine
Pucerons Myzus persicae / Aphis gossypii
- Colonies de petits insectes sur les jeunes feuilles et les pousses
- Feuilles enroulées, miellat collant et transmission de virus
- Favoriser les auxiliaires (chrysopes, coccinelles)
- Paillages réfléchissants pour dissuader l’atterrissage des pucerons
- Savon insecticide ou huile de neem pour les infestations modérées
- Aphicides sélectifs (pymétrozine, flonicamide) au dépassement des seuils
- Éviter l’excès d’azote, qui favorise une croissance tendre et attractive
- Observer régulièrement les jeunes pousses, en particulier les apex
Mineuse de la tomate Tuta absoluta
- Mines et galeries irrégulières dans les feuilles
- Larves creusant dans les tiges et les fruits
- Pertes de rendement importantes si elle n’est pas maîtrisée
- Pièges à phéromones pour la surveillance et le piégeage massif
- Retirer et détruire feuilles et fruits attaqués
- Lâcher des auxiliaires (Trichogramma, Nesidiocoris)
- Bacillus thuringiensis (Bt) sur larves au stade précoce
- Insecticides sélectifs (spinétorame, chlorantraniliprole) selon étiquette
- Utiliser des filets en pépinière et sur les ouvrants de serre
- Détruire les résidus de culture juste après la récolte
Acariens tétranyques Tetranychus urticae
- Fines piqûres et ponctuations sur les feuilles
- Fines toiles à la face inférieure en cas de forte infestation
- Maintenir une humidité suffisante, car les acariens prospèrent au chaud et au sec
- Favoriser les acariens prédateurs (Phytoseiulus persimilis)
- Acaricides (abamectine, spiromésifène) dès les premiers signes
- Alterner les familles d’acaricides pour éviter l’installation de résistances
- Éviter le stress hydrique, car les acariens préfèrent les conditions sèches et poussiéreuses
Vers gris Agrotis spp.
- Jeunes plants sectionnés au niveau du sol
- Larves actives la nuit, cachées dans le sol le jour
- Labour profond avant plantation pour exposer les larves
- Collerettes physiques autour des jeunes plants
- Insecticide au sol à la plantation si la pression est forte
- Formulations appât placées près du pied
- Éliminer les adventices avant plantation pour réduire les sites de ponte
Nématodes à galles
Nématode à galles Meloidogyne spp.
- Galles et nodosités gonflées sur les racines
- Croissance ralentie et flétrissement en cas de stress thermique
- Rendement réduit malgré un arrosage et une fertilisation suffisants
- Solarisation du sol avant plantation
- Rotation avec des cultures non hôtes comme les céréales et l’oignon
- Apporter de la matière organique pour améliorer l’activité biologique du sol
- Nématicides appliqués à la plantation selon l’étiquette homologuée
- Nématicides biologiques (produits à base de Purpureocillium, Bacillus firmus)
- Utiliser des variétés ou porte-greffes résistants, la cotation « N », dans les parcelles infestées
- Désinfecter le matériel pour éviter de déplacer du sol infesté entre parcelles
Prévention et lutte intégrée
Pratiques culturales
- Rotation avec des cultures non solanacées, 3 à 4 ans quand c’est possible.
- Utiliser des semences et des plants certifiés indemnes.
- Choisir des variétés résistantes ou tolérantes adaptées à la pression locale.
- Goutte-à-goutte plutôt qu’aspersion, pour limiter l’humectation du feuillage.
- Fertilisation équilibrée, sans excès d’azote.
- Densité et taille correctes pour la circulation d’air.
- Retirer et détruire les résidus de culture juste après la récolte.
Surveillance et lutte biologique
- Observation régulière au champ, au moins une fois par semaine, pour une détection précoce.
- Pièges chromatiques et pièges à phéromones pour les ravageurs clés.
- Favoriser les auxiliaires : acariens prédateurs, hyménoptères parasitoïdes, coccinelles.
- Utiliser des produits biologiques et de biocontrôle en première intention.
Lutte chimique
- N’appliquer que des produits homologués aux doses recommandées.
- Alterner les modes d’action pour prévenir l’apparition de résistances.
- Respecter strictement les délais avant récolte (DAR).
Questions fréquentes des producteurs
Pourquoi mes tomates font-elles de la nécrose apicale alors que le sol contient assez de calcium ?
Parce que la nécrose apicale est un problème d’acheminement du calcium et non un problème de calcium dans le sol. Le calcium ne se déplace qu’avec le flux d’eau par transpiration et ne se redistribue pas dans la plante : un arrosage irrégulier ou une salinité élevée peuvent donc priver le fruit de calcium alors que l’analyse de sol reste normale. Une irrigation régulière et un apport constant de calcium par fertirrigation pendant le remplissage sont la solution pratique.
De combien d’azote et de potassium une culture de tomate a-t-elle réellement besoin ?
Une culture performante de 60 à 80 t/ha exporte environ 180 à 250 kg/ha de N et 250 à 350 kg/ha de K₂O, ainsi que 60 à 90 kg/ha de P₂O₅, 100 à 150 kg/ha de CaO, 30 à 50 kg/ha de MgO et 20 à 30 kg/ha de S. La demande en potassium augmente fortement dès que la charge en fruits est installée et dépasse couramment la demande en azote de 1,3 à 1,5 fois en poids.
Quel pH de sol la tomate préfère-t-elle ?
Le pH optimal est de 6,0 à 6,8, avec une tolérance de 5,5 à 7,5. Sur sols calcaires à pH élevé, le vrai problème est la disponibilité des oligoéléments, surtout fer, manganèse, zinc et cuivre, plutôt que la valeur de pH elle-même.
Pourquoi le goutte-à-goutte est-il recommandé plutôt que l’irrigation à la raie ou par aspersion ?
Le goutte-à-goutte apporte l’eau et les éléments avec précision dans la zone racinaire tout en gardant le feuillage sec, ce qui réduit la pression de l’alternariose, du mildiou, des taches bactériennes et des autres maladies foliaires. Il évite aussi l’alternance sécheresse et excès d’eau qui provoque nécrose apicale et éclatement, et il permet de caler la fertirrigation sur la courbe de demande de la culture.
À quelles températures la nouaison s’arrête-t-elle ?
La nouaison est perturbée en dessous de 12 °C et au-dessus de 32 °C, et la viabilité du pollen chute fortement au-delà de 35 °C en continu. Des températures nocturnes supérieures à 24 °C poussent la plante vers la croissance végétative au détriment de la nouaison.
Quand faut-il utiliser des plants greffés ?
Le greffage sur porte-greffe vigoureux et résistant vaut son coût sur les sols à forte pression, par exemple en présence de flétrissement bactérien, de fusariose ou de nématodes à galles, car aucun de ces problèmes n’a de traitement chimique curatif fiable une fois la culture atteinte.
Comment distinguer une carence en fer d’une carence en manganèse ?
Les deux donnent un jaunissement internervaire sur les jeunes feuilles, nervures restant vertes. La carence en manganèse produit en plus de fines taches nécrotiques dans le tissu chlorosé, ce que ne fait pas la carence en fer. La chlorose ferrique est la plus fréquente des deux sur sols calcaires.
Glossaire et unités
Brix (°Bx)
Mesure de la teneur en solides solubles (sucre) du jus de fruit.
Chélate
Composé nutritif lié à une molécule organique, par exemple EDTA ou EDDHA, pour améliorer l’absorption.
Déterminé / indéterminé
Port de la plante, qui décrit une croissance limitée ou continue.
Fertirrigation
Apport d’engrais dissous par le système d’irrigation.
MIP
Management intégré des ravageurs, stratégie combinant lutte culturale, biologique et chimique.
LMR
Limite maximale de résidus, le seuil légal de résidu de pesticide sur le produit.
DAR
Délai avant récolte, temps minimal entre la dernière application et la récolte.
Unités employées ici
t/ha tonnes par hectare (rendement) · kg/ha kilogrammes par hectare (dose d’élément) · ppm parties par million · mm millimètres d’eau · °C degrés Celsius · CE conductivité électrique, indicateur de salinité ou de concentration de la solution.
Ce guide fournit une information agronomique de référence générale et ne remplace ni le conseil technique local ni les étiquettes officiellement homologuées des produits. Vérifiez toujours les recommandations au regard de votre variété, de votre sol, de votre climat et de vos exigences réglementaires.
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L’équipe agronomique de The Gate Group travaille avec les producteurs et les distributeurs d’Égypte, du Moyen-Orient et d’Afrique pour transformer les analyses de sol et de tissus en un plan de fertilisation concret.