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Qualité de l’eau d’irrigation : que faut-il analyser, et pourquoi

Qualité de l'eau d'irrigation : que faut-il analyser, et pourquoi

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Qualité de l’eau d’irrigation : que faut-il analyser, et pourquoi

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La qualité de l’eau d’irrigation façonne tous les autres intrants, et l’eau est le plus gros intrant que reçoit une culture ; dans la plus grande partie de cette région, c’est aussi le moins examiné. Une analyse d’eau coûte une fraction d’une seule application d’engrais, et pourtant elle détermine si cette application fonctionne.

À retenir

  • La chimie de l’eau décide de la charge saline, de la disponibilité des nutriments au goutteur, et du maintien en état de votre système d’irrigation.
  • Les quatre valeurs qui commandent l’essentiel des décisions sont la CE, le SAR, le bicarbonate et le pH.
  • Le bicarbonate est le plus souvent négligé, et c’est la cause principale à la fois du bouchage des goutteurs et de la moindre disponibilité à pH élevé.
  • Une analyse d’eau est un préalable à la conception d’une fertirrigation, pas une option supplémentaire.

Pourquoi l’eau est le point de départ

Chaque irrigation ajoute des sels et des minéraux dissous à la zone racinaire. La culture prélève l’eau et laisse derrière elle l’essentiel de cette charge. Au fil d’une saison, la solution du sol reflète l’eau bien plus qu’elle ne reflète le sol d’origine.

C’est pourquoi deux sols identiques sous deux sources d’eau différentes divergent en quelques saisons, et pourquoi un programme de nutrition conçu sans analyse d’eau repose sur une supposition.

Les valeurs qui comptent le plus

Mesure Ce qu’elle vous dit Ce qu’elle affecte
CE (conductivité électrique) Concentration totale en sels dissous Accumulation de salinité, besoin de lessivage, choix de la culture
SAR (taux d’adsorption du sodium) Sodium par rapport au calcium et au magnésium Structure du sol, vitesse d’infiltration
Bicarbonate et carbonate Alcalinité de l’eau Entartrage des goutteurs, pH au niveau de la racine, disponibilité des oligoéléments
pH Acidité de l’eau elle-même Solubilité et compatibilité des engrais dans la cuve
Chlorure, sodium, bore Ions spécifiques qui endommagent les cultures sensibles Brûlure des feuilles, perte de qualité chez les espèces sensibles

CE : la charge saline

La CE de l’eau fixe le plancher de la salinité du sol. La CE du sol dépassera toujours celle de l’eau, parce que les plantes prélèvent l’eau et laissent le sel. L’écart entre les deux dépend de la quantité d’eau supplémentaire apportée pour le lessivage.

Une source d’eau à faible CE donne de la souplesse dans le choix des cultures. Une source à CE élevée la restreint, et aucun amendement n’y change rien : les réponses pratiques sont le lessivage, le drainage et le choix de cultures tolérantes.

SAR : le risque structural

Le sodium se comporte autrement que les autres sels. Là où il domine les sites d’échange par rapport au calcium et au magnésium, les particules d’argile se dispersent, les pores s’effondrent et l’infiltration chute. La parcelle devient difficile à humecter et lente à drainer, ce qui rend ensuite le lessivage plus difficile : un problème qui s’auto-entretient.

Le SAR doit se lire en regard de la CE, et les deux interagissent de façon peu intuitive. Une eau à SAR modéré mais à très faible CE peut être plus dommageable pour la structure qu’une eau de même SAR à CE plus élevée, parce qu’une eau diluée accélère la dispersion. Le gypse est la correction classique lorsque le sodium est en cause.

Salin et sodique sont deux problèmes différents qui exigent des traitements différents. Un sol salin a un excès de sels solubles et répond au lessivage. Un sol sodique a un excès de sodium sur le complexe d’échange et exige du calcium, généralement sous forme de gypse, avant que le lessivage ne puisse agir. Une analyse d’eau permet de les distinguer.

Bicarbonate : la valeur négligée

Le bicarbonate est courant dans les eaux souterraines en Égypte et dans le Golfe, et il cause deux problèmes à la fois.

À l’intérieur du système d’irrigation, il précipite en tartre de carbonate de calcium. Les goutteurs ont des orifices étroits et se bouchent progressivement, ce qui se traduit par une croissance irrégulière bien avant qu’on ne constate un bouchage.

Dans la zone racinaire, il élève le pH autour du goutteur. Le fer, le zinc et le manganèse deviennent moins disponibles précisément là où les racines sont concentrées, de sorte qu’une carence en oligoéléments apparaît malgré des réserves suffisantes dans le sol.

L’injection d’acide traite les deux. La dose dépend de la concentration en bicarbonate, et c’est pourquoi l’analyse vient en premier. Cela exige du matériel adapté, une dilution et des procédures de sécurité, et doit être mis en place avec un appui technique.

Effets des ions spécifiques

Certaines cultures sont endommagées par des ions particuliers à des concentrations bien inférieures aux seuils généraux de salinité. Le chlorure provoque des brûlures du bord des feuilles chez les agrumes, les fruits à noyau et la vigne. Le bore a une fenêtre étroite entre suffisance et toxicité, et l’eau d’irrigation en est une source fréquente d’excès. Le sodium peut causer des dommages foliaires directs sous irrigation par aspersion, là où il touche le feuillage.

Ces effets sont propres à chaque culture plutôt que généraux, et c’est pourquoi un rapport d’eau doit toujours se lire au regard de la culture prévue plutôt que de seuils génériques.

Prélever correctement l’eau d’irrigation

  1. Prélevez au point d’utilisation, pas à la source. L’eau change en traversant le stockage et les canalisations.
  2. Faites tourner le système d’abord. Laissez l’eau couler plusieurs minutes avant de prélever, pour échantillonner de l’eau et non ce qui a décanté dans la conduite.
  3. Utilisez un récipient propre fourni ou spécifié par le laboratoire, et remplissez-le complètement.
  4. Livrez sans tarder. Certains paramètres évoluent dans les heures qui suivent le prélèvement.
  5. Répétez chaque saison si la source varie. La chimie d’une eau souterraine peut changer au cours de l’année et d’une année à l’autre.

Mélange et options de traitement

Lorsque la qualité de l’eau est mauvaise, plusieurs options existent avant d’accepter la contrainte.

Mélanger les sources. Mêler un puits salin à une source de canal ou municipale plus douce abaisse la CE de l’eau apportée. Le rapport de mélange se calcule à partir de la CE de chaque source, et même une amélioration partielle élargit le choix des cultures.

Injection d’acide. Elle traite le bicarbonate, réduit le tartre et améliore la disponibilité des nutriments au goutteur. La dose découle de la concentration en bicarbonate indiquée par l’analyse.

Filtration. Elle élimine les matières en suspension, les algues et le sable. Elle n’agit pas sur les sels dissous, et confondre les deux est un malentendu fréquent et coûteux.

Osmose inverse. Elle élimine les sels dissous, et s’emploie en culture protégée à forte valeur là où la qualité de l’eau est la contrainte déterminante. Les coûts d’investissement et de fonctionnement la réservent aux cultures qui peuvent les porter.

Entretenir le système

La chimie de l’eau abîme les systèmes d’irrigation progressivement plutôt que brutalement, et c’est pourquoi les dégâts sont généralement découverts tard.

Le bouchage des goutteurs par le tartre de carbonate se manifeste d’abord par une croissance irrégulière le long d’une ligne, et non par un bouchage visible. Quand les plantes diffèrent à l’œil nu, les débits sont souvent en baisse depuis des semaines.

Un rinçage périodique des rampes, la vérification des débits en début et en fin de ligne, et l’inspection des goutteurs à intervalles réguliers permettent de prendre le problème tant qu’il est corrigeable. Là où le bicarbonate est élevé, un traitement acide du système à intervalles réguliers évite l’accumulation au lieu de la supprimer après coup.

Questions fréquentes

À quelle fréquence faut-il analyser l’eau d’irrigation ?

Au moins une fois par an, et plus souvent lorsque la source est un puits dont la chimie varie avec les saisons, ou lorsque vous mélangez des sources. Analysez avant de concevoir tout nouveau programme de fertirrigation.

Puis-je utiliser une eau à CE élevée en lessivant davantage ?

Jusqu’à un certain point, et seulement là où le drainage permet aux eaux de lessivage de quitter la zone racinaire. Sans drainage fonctionnel, un lessivage supplémentaire déplace le sel vers la nappe, qui le renvoie ensuite. La capacité de drainage fixe la limite pratique.

Un filtre règle-t-il les problèmes de bicarbonate ?

Non. La filtration élimine les particules en suspension. Le bicarbonate est dissous et précipite après le filtre, dans les conduites et les goutteurs. L’injection d’acide traite la chimie ; la filtration traite les particules.

Et si la qualité de mon eau est vraiment mauvaise ?

Les options sont le mélange avec une meilleure source lorsqu’elle existe, le choix de cultures tolérantes, un lessivage accru là où le drainage le permet, et l’ajustement des formes d’engrais pour ne pas aggraver le problème. La qualité de l’eau limite ce qui est atteignable, et planifier en conséquence vaut mieux que l’ignorer.

Envoyez-nous votre analyse d’eau

Notre équipe agronomique évaluera votre eau d’irrigation au regard de votre culture et de votre sol, et concevra un programme de fertirrigation qui compose avec la chimie dont vous disposez.

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